Les membres de l’ASA France et des amis d’Ashalayam nous ont rendu visite à l’occasion des 40 ans d’Ashalayam.
Un jubilé de rubis qui a commencé sur les chapeaux de roues avec une fête comme Ashalayam sait les faire : du sport, des danses, des chants et la petite nouveauté des pièces de théâtre. La journée a débuté par une messe pour les plus pratiquants, officiée par Father Georges, le responsable de l’ONG. La journée s’est poursuivie par une olympiade regroupant les enfants des écoles de rue prises en charge par Ashalayam. Au terme de toutes ces épreuves bien éprouvantes sous le soleil de Howrah, les enfants ont pu profiter d’un bon Biryani ! Pendant ce temps, nos visiteurs de l’Hexagone ont pu rencontrer de nombreux enfants devenus grands. D’anciens bénéficiaires des foyers d’Ashalayam sont venus à notre rencontre pour témoigner de leur passage, de ce qu’Ashalayam leur a apporté et afficher la fierté que leur situation actuelle leur procure. Non sans larmes et rires, les témoignages se sont ainsi enchaînés pendant plus de deux heures. Nous détaillerons ces témoignages dans un prochain article.
Après ce début de journée déjà chargé en émotions et en gouttes sur le front, les autres foyers d’Ashalayam ont rejoint les festivités. De Bakrahat jusqu’à Kalyani, nos enfants étaient ravis de célébrer les rencontres et les retrouvailles avec les amis d’Ashalayam. Danses, chants, théâtre et remerciements se sont succédé dans la liesse générale. Une mention spéciale tout de même à Brother Francis, Brother Nabin et presque Brother Christophe, qui ont été chaleureusement remerciés pour leurs 25 années au service des enfants. Les performances se sont clôturées par un Teri Baaton Mein endiablé mené par notre Father Hugo préféré et suivi par tous les enfants d’Ashalayam dans un merveilleux chaos. Le repas du soir n’avait rien à envier au copieux déjeuner et, pendant qu’une partie des invités et des enfants se régalaient, les plus énergiques ont poursuivi les chorégraphies jusqu’à l’extinction des feux.










La seconde journée de célébration a débuté avec la visite d’une partie des nombreuses écoles de rue d’Ashalayam. Dispersés en petits groupes de 3 à 4, nos invités ont pu découvrir les professeurs, les enfants et les conditions dans lesquelles ils évoluent. Accompagnés d’un membre d’Ashalayam connaissant l’école de rue sélectionnée, ils ont pu échanger avec les professeurs, les enfants et parfois les membres de la communauté présents autour de l’école.
Pour nos amis d’Ashalayam qui nous connaissent depuis longtemps, il faut savoir que les écoles de rue ont pris une toute nouvelle dimension. Permettant de toucher une plus large communauté (plus d’un millier d’enfants sont désormais scolarisés dans nos écoles de rue), ces écoles sont devenues le combat principal d’Ashalayam. Les enfants scolarisés dans ces écoles sont entourés par leur famille et ont un foyer stable, mais le manque de moyens parentaux ne leur permet pas d’accéder à l’éducation. L’école de rue permet à ces enfants d’avoir accès à l’éducation et de faire un premier pas auprès des familles présentes. Pour les enfants dont le foyer est jugé dysfonctionnel, car ils se retrouvent livrés à eux-mêmes par manque de considération ou impossibilité des parents de s’en occuper, ils sont orientés vers nos foyers.
La suite de la journée a permis à l’ASA d’effectuer sa première assemblée générale à Howrah ! Nous passerons les détails de la réunion, mais de nombreux projets arrivent très vite.









Un détour apaisant à la campagne pour ce troisième jour ! Notre foyer le plus vert, Kalyani, se mérite et c’est après plus de deux heures de route plus ou moins praticable que nous sommes arrivés devant les sourires des enfants. Un accueil en fanfare, comme toujours avec Ashalayam : danses, chants, jeux et repas légèrement épicé pour nos invités.
Après ce copieux repas, nous avons visité l’intégralité du centre, qui s’étend sur plusieurs hectares, pour déguster des fruits exotiques qui ont su ravir (ou non) le palais de nos invités. Nous avons également rencontré les résidents à poils et à plumes du centre : vaches, chèvres, lapins, poules… Autant d’animaux dont nos jeunes s’occupent toute l’année.
La visite de Kalyani s’est poursuivie à quelques minutes du foyer pour découvrir un autre projet d’Ashalayam. Ashalayam est avant tout une famille qui accompagne ses enfants même lorsqu’ils sont grands. Pour aider ses jeunes adultes, Ashalayam contribue au financement de maisons. Ainsi, plusieurs maisons ont vu le jour, avec des alumni ravis de rester proches de leurs petits frères et sœurs.
Enfin, une dernière étape, presque un pèlerinage pour ceux qui ont eu la chance de connaître Uncle William. Il est l’un des saints d’Ashalayam. Après des années passées dans le centre de Bhattanagar, où il a énormément contribué au développement du potager, Uncle William est parti pour Kalyani afin de créer cette immense ferme pédagogique aux grands espaces, permettant aux enfants de se développer et de s’épanouir en apprenant de la nature. La journée s’est ainsi achevée sur ces douces pensées de remerciement et d’admiration.










Le réveil du quatrième jour poursuivait la mélodie de la veille avec un nouveau pèlerinage. Après un réveil aux aurores, nos invités les plus pratiquants se sont retrouvés pour la messe de Mère Teresa au son du sixième coup de cloche de la journée. Après cette messe du bout du monde, nos amis d’Ashalayam se sont recueillis sur la tombe de Mère Teresa. Pour nos plus anciens membres, il s’agissait de prier sur la tombe d’une connaissance, si ce n’est d’une amie. Une pensée toute particulière pour notre volontaire Claudine, qui, lors d’un pèlerinage à Lourdes, s’est sentie comme appelée à venir à Kolkata pour œuvrer chez Mère Teresa. C’est suite à sa rencontre avec cette dernière qu’elle a rencontré Father Anthony, fondateur d’Ashalayam. Depuis ce premier voyage, il y a plus de 30 ans maintenant, Claudine œuvre pour les enfants d’Ashalayam et travaille dur pour, chaque année, leur rendre visite à travers le temps.
Claudine nous a rejoints avec les autres volontaires au Botanical Garden d’Howrah pour déjeuner puis jouer jusqu’à épuisement avec les enfants. Ce jardin, vieux de plusieurs siècles et abritant plusieurs centaines d’espèces aussi diverses qu’exotiques pour nos yeux européens, semble pourtant si jeune à côté de l’un des plus vieux banians du monde. Il a certainement dû voir bien des choses, mais ce qui est certain : la joie des enfants de profiter de cet après-midi pour simplement rire, jouer et flâner le marquera pour bien des années.










Les ami·es de l’ASA France se sont retrouvés à Bhattanagar pour ce 5ème jour, où nos volontaires, les enfants et Brother Francis les attendaient avec impatience.
Après une visite des lieux, les festivités ont pu commencer. Pour l’occasion, le foyer s’est transformé en une véritable salle de spectacle, où les enfants d’Asha Maria (les plus petits), d’Asha Nivas (les plus grands), ainsi que les filles d’Arunaday ont présenté leurs danses.
Suite à ces merveilleuses prestations, plusieurs hommages ont été rendus. Frédéric, sur scène, a rappelé aux enfants l’action menée par l’ASA France et a souhaité mettre en lumière Brother Francis, sans qui les foyers de Bhattanagar n’auraient pas le même visage.
« C’est un pilier à Ashalayam. S’il cède, la maison tombe. » a-t-il souligné.
Ensuite, Bablou, un ancien enfant d’Ashalayam, aujourd’hui manager de trois brasseries en France, a partagé son histoire. Il a transmis aux enfants un message d’espoir en évoquant les difficultés qu’il a surmontées et en insistant sur l’importance des études et du travail. Un moment très émouvant pour lui, car Bhattanagar est un lieu très spécial dans son parcours, ayant grandi au sein de ses foyers.
Après cette première partie riche en émotions, il était temps de prendre le thé et d’inaugurer la nouvelle cuisine. Ce moment a permis aux membres de l’ASA France de discuter et d’échanger avec les enfants.
Une fois reposés, place au tournoi de Kabaddi, organisé par nos coachs Sagar et Adrien. Ce sport, extrêmement populaire en Inde, repose sur une alternance d’attaque et de défense : un joueur doit pénétrer dans le camp adverse, toucher un maximum d’opposants et revenir dans son camp sans être plaqué au sol.
Les matchs ont été intenses, avec un bel esprit de compétition, mais surtout une excellente ambiance. Encore une nouvelle découverte sportive pour nos visiteurs français !
Après s’être bien dépensés sous une chaleur écrasante, il était temps de se rafraîchir ! Direction Asha Jems, où tout le monde a pu se baigner, nager et même tenter quelques plongeons périlleux. Un véritable esprit de camaraderie émanait de cette baignade, ponctuée de batailles d’eau et d’arrosages surprises pour certains volontaires !
Enfin, la journée s’est conclue par un dernier repas convivial, clôturant une journée intense et mémorable, où sport, partage et émotions ont rythmé chaque instant.










Le sixième et dernier jour est venu conclure cette longue semaine en beauté par la visite du désormais emblématique foyer d’Asha Tici. Basé à Bakrahat, en périphérie du tumulte de Kolkata, ce centre accueille une multitude d’activités et de formations pour nos jeunes.
La plus ancienne formation, délivrée depuis plus de 25 ans par un ancien volontaire tombé amoureux du West Bengal, permet à nos jeunes de devenir des menuisiers accomplis. Du travail à la main jusqu’aux machines les plus récentes, nos jeunes ressortent de cette formation avec le sourire aux lèvres mais aussi avec un savoir d’orfèvre dans les doigts.
Il y a quelques années, une formation professionnalisante en parallèle de la fin des études primaires a vu le jour. Cet encadrement, dispensé par Decathlon India, permet à nos jeunes d’obtenir un diplôme validant leurs compétences de vendeurs, de réparateurs de matériel sportif et leurs connaissances dans de nombreux sports, tout cela en plus du diplôme de classe 12 (l’équivalent du baccalauréat).
Pour agrémenter ces formations longues destinées aux grands enfants d’Ashalayam, le foyer d’Asha Tici organise régulièrement des camps de formation destinés aux plus jeunes : compétences en informatique sur divers logiciels, apprentissage des langues, notamment du français, mais aussi renforcement scolaire. Tout cela, et bien d’autres formations, sont rendues possibles grâce au centre de Bakrahat.
Nos amis d’Ashalayam ont eu le plaisir de visiter ce grand centre formateur, où la joie de vivre n’a rien à envier aux autres centres d’Ashalayam. Pour conclure cette journée, le sport était de mise avec l’exploitation du terrain de volley-ball sur les toits du bâtiment.










Conclure cette semaine intense en émotions n’est pas chose aisée, elle mérite alors la simplicité des mots d’un enfant :
“Merci, Uncle et Auntie, hier j’ai passé ma meilleure journée.”
— Subhojit









